02.04.2009 07:31:42

Rama YADE, interpellée par un militant de l'UMP, relativise les propos de Nicolas Sarkozy

la Secrétaire d'Etat française chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l'Homme, Rama Yade, et Monsieur Elwely Ould Dah, militant UMP

la Secrétaire d'Etat française chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l'Homme, Rama Yade, et Monsieur Elwely Ould Dah, militant UMP

Un débat a été organisé par l'équipe "Grandes Ecoles" de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP), le soir du 31 mars au siège parisien du parti de Nicolas Sarkozy sous le thème : « Droits de l'Homme : l'impossible conciliation avec la réalité politique et économique? » Lors de ce débat, Madame Rama Yade, Secrétaire d'Etat Chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l'Homme, a relativisé les propos tenus par le Président français à Niamey, le 27 mars dernier.

 

Madame Yade, à une question posée par Monsieur Elwely Ould Dah, militant UMP et membre dirigeant de la CRM (Coordination pour le Retour à la légalité en Mauritanie) répond en ces termes et précise : "Ce n’est pas parce que Monsieur Sarkozy dit qu’il n y a pas eu de troubles... que cela remet en cause le fait que la légalité constitutionnelle n’ait pas été respectée...". "Il est clair que la France condamne et condamnera tout les coups d’Etat", affirme la Ministre française qui ajoute "ce que nous souhaiterions c’est que finalement ce soit à l’Union africaine, de gérer la crise comme elle le souhaitait c’est-à-dire être en première ligne sur la gestion du Coup d’Etat."

 

Commentant l’Agenda de la Junte, la Ministre française constate que «Toutes les conditions ne sont pas réunies pour que les élections se tiennent dans les mois à venir ». 

Voici le scripte de l’échange entre Madame Rama Yade et le militant.

 

 

Après avoir souligné le rôle important que joue la France dans la lutte pour les droits de l’Homme à travers le monde et les objectifs de la France, comme la promotion d’un système réconciliant la réalité politique, la réalité économique et les Droits de l’Homme, Madame Rama Yade a répondu à différentes interrogations que soulevaient les militants, notamment sur la situation au Soudan, le président Béchir et le Congo.

 

 

 

Elwely Ould Dah: Bonsoir Madame la Ministre, je souhaite réagir sur un dossier qui me tient à cœur : c’est celui de la Mauritanie. Comme vous le savez, dans le passé, une partie de la population Mauritanienne à été déportée après de terribles massacres.  Depuis, les Droits de l’homme ont été régulièrement violés jusqu'à l’élection du président Sidi Ould cheik Abdelahi qui avait fait de cette problématique l’une de ses priorités avant d’être renversé par une junte militaire le 6 août 2008. Rappelons tout de même que cette junte était en majorité présente lors des années noires de la Mauritanie.

Voilà ma question : quelle est la position de la France ? Et est-ce que les propos de Monsieur Sarkozy sont révélateurs d’un changement de la position de la France par rapport au putsch ? Merci.

 

 

Rama Yade: Il est clair que la France condamne et condamnera tous les coups d’Etat

Elle l’a fait pour la Mauritanie elle l’a fait pour Madagascar par exemple récemment.    

Donc de ce point de vue c’est clair ! Moi-même j’ai reçu il y a quelques semaines les représentants du camp des opposants, et de ce point de vu on n’a absolument pas varié !

Je ne vois pas !  Ce n’est pas parce que Monsieur Sarkozy dit qu’il n y a pas eu de … troubles, par rapport à cette phrase là, que cela remet en cause le fait que la légalité constitutionnelle n’a été respectée  tout simplement. Alors il y a eu une rencontre qui avait été prévue par les putschistes avec les déchus, je crois qu’ils ont boycotté, ou qu’ils n’ont pas voulu y participer…

 

 Elwely Ould Dah: Oui par ce que c’était une mascarade, ce n’était pas sérieux !

 

 Rama Yade: Inutile. Toutes les conditions ne sont pas réunies pour que les élections se tiennent dans les mois qui viennent. Nous, on a pris acte en sachant que nous souhaitons aussi définir une position ou une éventuelle action avec l’Union africaine parce que ça c’est important pour éviter ce que vous disiez, Mademoiselle [référence à une question antérieure, posée dans la salle, ndlr], tout à l’heure « à propos de la France qui devient tout ça ; donneur de leçons etc…  » ce que nous souhaiterions c’est que finalement ce soit à l’Union africaine, de gérer la crise comme elle le souhaitait c’est-à-dire être en première ligne sur la gestion du coup d’état.

 

Elwely Ould Dah: Mais elle a une très bonne position. Pour la première fois l’Union africaine tient bon elle est contre le coup d’état ! C’est pour cela que moi j’étais très surpris de voir que l’Union Africaine va dans le bon sens, et que les pays européens malheureusement certains commencent déjà à lâcher du leste !

 

 

 

Rama Yade:   Non nous avons même interrompu notre aide, notre reste de plan économique, donc c’est une signification quand même ! C’était pendant l’été je crois ! On avait quand même fait ce geste qui en politique étrangère est lourd de sens et qui marquait notre désapprobation par rapport à l’irrespect de la légalité constitutionnelle.

 

 

Elwely Ould Dah: Très bien merci.