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Evacuation par la force du sit in de l'Opposition le 2 mai 2012










22.06.2012 20:18

Cauchemar de Mauritanie

La vie est très chère au Trab el kowri wal beidane.

En Mauritanie, rien n’est à la portée du porte-monnaie des populations : le pain, le riz, le sucre et l’huile sont inaccessibles pour elles. La monnaie nationale, l’Ouguiya mise en circulation en 1973 n’a aujourd’hui aucune valeur au regard du pouvoir d’achat.

Depuis très longtemps déjà dans ce pays les prix sont libres. Chaque commerçant ou boutiquier a son unité de mesure et fixe le prix du produit qu’il vend. Tout cela contribue à la montée vertigineuse des prix d’autant plus qu’il y a pas de contrôle par l’Etat des prix pratiqués sur le marché.

Le peuple est ainsi livré les mains attachées sur le dos à la voracité des usuriers commerçants.

A cette pratique sans foi ni loi du commerce par des gens qui n’ignorent pas les préceptes de l’islam en la matière s’ajoutent trente- quatre années de dictature militaire( 1978-2012 ) marquées par des pogroms raciaux, la dilapidation de l’économie nationale, le développement de la corruption, le clientélisme et le favoritisme en tous domaines au profit des populations arabo-berbères contre les populations négro-africaines

Aujourd’hui aucun secteur d’Etat n’est viable dans ce pays à cause de l’incompétence de ceux qui ont les leviers de commande et  l’improvisation érigée en système de gouvernement aggrave la situation.

Ce pays va-t-il continuer de vivre ou va-t-il disparaitre ?

Vu qu’à sa naissance il est apparu au monde très fragile parce que revendiqué et menacé par l’expansionnisme marocain, vu qu’il est souvent  secoué par des affrontements raciaux, on peut dire que c’est une gageure que la Mauritanie continue d’exister en tant que nation jusqu’à ce jour.

Mais la menace de son éclatement peut arriver à l’ordre du jour quand le Sahara occidental ne sera plus un souci pour le Maroc, quand des tensions naitront à ses frontières sud et est et que son conflit racial atteindra son paroxysme.

Depuis son accession à l’indépendance le feu l’éclatement couve dans ce pays.

Tous les négro-africains ont l’amertume dans l’âme parce l’Etat raciste et chauvin arabo-berbère les prend pour des citoyens seconde zone et le sentiment de révolte et d’aversion des populations de ce pays pour ce pays est général à cause de la pauvreté grandissante.

Cet éventuel cauchemar naïvement écarté souvent des anayses faites sur ce pays est un manque de lucidité quand on sait que la période historique que travers e l’humanité est fortement caractérisée par la multiplication des foyers de tension locaux.

Si une telle conjecture politique arrivait à murissement, la Mauritanie devenant exsangue et terreau incandescent de la région magrébine et ouest-africaine quel pourrait être la position des pays voisins et des grandes puissances face à cette nouvelle situation ?

Il pourrait être plausible dans pareil cas de figure qu’il existât une alliance entre le royaume chérifien, le Sénégal et le Mali pour une partition de la Mauritanie, vue les liens d’amitié séculaire qui unissent ces deux pays au Maroc et vue aussi l’existence de cette ramification parentale des populations noires mauritaniennes d’avec ceux du Sénégal et du Mali. Les mauritano-pessimistes pouvant leur servir de soutien intérieur.

L’Algérie, puissance régionale, ne lâchera pas les progressistes mauritaniens tout seuls dans une telle et éventuelle escalade de violence visant à usurper le territoire de la Mauritanie. Car chacun sait qu’elle est la rivale traditionnelle du Maroc dans la région et qu’elle a toujours soutenu les luttes d’indépendance et de libération.

En ce qui concerne les grandes puissances France, Usa et la Russie, leur position dépendra de beaucoup du degré d’exacerbation du conflit et du rapport de force entre les belligérants politiques internes à la Mauritanie.

Enfin prenons conscience que notre pays peut connaitre les affres de la dislocation, que sa viabilité et vitalité résident dans la bonne entente entre  ces deux composantes raciales. Et pour que l’unité nationale ne soit pas un slogan creux, elle doit s’articuler autour des valeurs que sont l’égalité et la justice.

La Mauritanie ne peut continuer d’exister contre les populations négro-africaines comme elle ne peut et ne doit pas  exister aussi contre les populations arabo-berbères. Le destin est unique.

Ressaisissons-nous, dépassons-nous, dépassons nos dissensions et nos amertumes, jugeons et condamnons ceux qui ont commis des crimes afin de construire le nouvel Etat de Droit de la nouvelle Mauritanie.

 A présent, il y a urgence à se mobiliser pour dégager le pouvoir militaire illégitime, antinational et raciste qui s’est installé à la direction nationale de notre pays. Parce que ces militaires félons en renversant la jeune démocratie de notre pays ont non seulement commis le plus grand crime d’Etat de notre histoire mais ils ont aussi su exploiter la naïveté politique l’opposition pour « légitimer » leur pouvoir par le vote des populations.

A l’avenir sachons être intransigeant pour ne pas négocier et laisser le pouvoir du peuple dans les mains des usurpateurs.

A BAS LA DICTATURE

VIVE LA MAURITANIE LIBRE

 

                                   Lassana Badiane DJIMERA